L'icône de la résurrection
de Lazare
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Au cur de cette villa, en ses fondements, se trouve, dans un
oratoire près d'un tabernacle, une grande icône représentant
la résurrection de Lazare. Et dans les deux salles d'accueil spirituel
préside la même image du Christ rappelant à la vie celui
que l'évangile appelle son ami. Le Christ et Lazare sont ici partout
chez eux, chez d'autres amis. Car ce ne sont pas d'abord ces murs de pierre
qui font la Maison de Lazare, mais bien plutôt tous ceux qui oeuvrent
là, rassemblés autour du Christ. Ils sont la "Maison de
Lazare" comme la Bible parle de la maison de Jacob; et l'icône
exprime symboliquement ce qu'ils vivent en ces lieux.
Comment n'être pas frappé par la vie qui s'en dégage ?
La vie est là, car celui qui est au centre est la Résurrection
et la Vie. Tous tournent vers lui leur regard. Il est d'ailleurs au centre
de plusieurs scènes. L'icône, en effet, dit quelque chose
de l'éternité en représentant plusieurs événements
dans le même lieu et dans le même temps, sans succession. Regardons
bien les trois groupes de personnes qui se trouvent à des endroits
et des moments différents, tous unifiés par la présence
du Christ.
La
première scène, sur la gauche, représente les
apôtres qui entourent le Christ, et se dirigent avec lui
vers Béthanie. On peut reconnaître Pierre et son frère
André, juste derrière Jésus; puis Thomas et, à
coté de son frère Jacques, Jean, le contemplatif, se trouve
tout naturellement en face de Jésus.
La
deuxième scène se situe à l'entrée du village
de Béthanie. Les surs de Lazare, Marthe et Marie,
tombent aux pieds de Jésus en lui disant : "Si tu avais été
ici mon frère ne serait pas mort."; cependant Marthe affirme son
espérance et reçoit le don de la foi en la résurrection.
La
troisième scène,sur la droite, se passe dans le jardin de
Béthanie. Sur le fond noir de la grotte, on aperçoit le groupe
des juifs venus pour consoler Marie et voir en même temps ce qui va
se passer. A l'appel du Christ : "Lazare, viens ici, dehors !"
le mort sort les pieds et les mains liés de bandelettes et le visage
enveloppé d'un suaire. Sanctifié par la Parole du Christ qui
le ressuscite, il porte, comme le Christ, une auréole d'or mais sans
la croix. Sur l'icône, l'or n'est pas une couleur mais il indique la
lumière, celle du Christ, lumière du monde.
Devant Lazare, un petit personnage, en jaune, de profil, donc sans
importance, sans signe distinctif, défait les bandelettes. Il représente
ceux à qui Jésus s'adresse, en l'occurrence nous tous aujourd'hui,
et auxquels Jésus s'adresse : "Déliez-le et laissez-le
aller !"
Au centre des trois scènes, le Christ est le personnage le plus
grand de l'icône. Tous les regards convergent vers lui. Son
manteau bleu-vert exprime le mystère de la nature humaine; tandis que
sa tunique pourpre a la couleur royale du sang versé, de la vie et
de la puissance. Avec le "clave" tissé d'or qui tombe de
son épaule, insigne du pouvoir et du service, mais aussi étole
du prêtre, l'icône dit que le Christ est Dieu et homme.
La divinité du Christ se lit encore dans son auréole où
est inscrit le nom de Dieu révélé à Moïse,
le tétragramme, ces quatre lettres hébraïques imprononçables,
traduit en grec par "Celui qui est". Cette inscription est placée
dans une croix, signe de notre salut. Dans sa main gauche le Christ
tient le rouleau du Livre, car il est le Verbe de Dieu, la Parole
de Vie; tandis que sa main droite, avec le geste du vainqueur, est
tendue vers Lazare et l'appelle. La Parole du Christ : "Lazare,
viens ici, dehors !" libère Lazare, et celui-ci exerce une
liberté telle qu'il peut se trouver hors du tombeau, les pieds encore
entravés de bandelettes.
Parce que la Christ est vivant, le fait historique de la résurrection
de Lazare devient pour nous un événement actuel. Ainsi les
membres de la Maison de Lazare, par la médiation de l'icône,
contemplent et supplient le Christ. Ils vivent ne sa présence les effets
de son amour et de sa puissance dont ils s'émerveillent chaque jour.